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In Spirit: Magical Streets

Written by

Mariette Raina
January 16th, 2017

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Be it by way of tuktuk, autorickshaw, bicycle or simply walking, you will come to know India through its streets. You will witness Life: youth and elders, vitality and death, animals and humans, gods and spirituality, traditions and contemporary.

A few days ago I met a pair of tourists, a mother with her daughter who was roughly my age, travelling together. After a brief pleasant chat, I proposed to be their guide and escort them through the city.

Each  step is replete with  cultural and metaphysical details. There is so much to say and to share. Their faces are  lit up, fascinated by the discovery of the deities stories and the explanations of spiritual, metaphysical and social life, the senses of which are  suddenly unveiled before their eyes. I am becoming voluble, glad to share the knowledge and passion which my teachers have entrusted to me these many  years. At the same time I begin to realize the things taken for granted in this decor that can be so surprising, or even scary, for those with no tools to decode India. This is why today I have decided to take you with me through the streets of Varaṇāsī. This way… follow me.

Par tuktuk, autorickshaw, vélo ou à pied, on découvre l’Inde à travers ses rues. On est témoin de la vie qui s’y déroule et tous ses éléments qui cohabitent: jeunes et vieux, vie et mort, animaux et êtres humains, dieux et spiritualité, tradition et modernité.

Il y a quelques jours j’ai rencontré deux touristes, une mère et sa fille d’environ mon âge, qui voyageaient ensemble. Après un échange amical, je propose de leur servir de guide et de les escorter à travers la ville.

Chaque pas est rempli de détails culturels et métaphysiques, qu’il y a tant à dire et à partager. Leurs visages s’illuminent, fascinées par la découvertes de l’histoire des déités, des explications spirituelles, métaphysiques autant que sociales, à propos ce monde dont le sens s’ouvre soudainement devant leurs yeux. Je deviens intarissable, heureuse de pouvoir partager le savoir et la passion que mes professeurs m’ont transmise toutes ces années. Je réalise aussi tout ce que je prenais pour acquis dans ce décor qui peut être si surprenant, voire effrayant pour celui qui n’a pas les outils pour décoder l’Inde. C’est pourquoi aujourd’hui, j’ai décidé de vous emmener sur les rues de Bénarès… c’est par là, suivez moi!

It is morning in Assi Ghat. At dawn daily yoga classes are given. Watch out, this is not the yoga of the west, but yoga of India, which is more militant than the stereotypical relaxation and serene voice that whispers instruction in occidental yoga studios. A young man comes to me offering a chai and starts chatting saying, “well it is good that many people are practising, you know, because with today’s life they do not move enough — they don’t know how to exercise anymore. Ah, you are a yoga teacher and anthropologist — so what do you think about all of that?” I recount how people from the west often presume that all Indians are spiritual and all practice yoga. We laugh at our ignorance, recognizing that in that brief exchange we are two cultures cognizant of our profound differences and that we might never fully understand the other. Nevertheless, we are two human beings, crossing each other’s pathway and sharing a tea. He leaves for work and I continue my morning walk.

C’est le matin à Assi Ghat. À l’aube, une classe de yoga journalière se donne sur la place centrale. Ce n’est pas le yoga de l’ouest, mais celui de l’Inde. Plus militaire, il n’a rien à voir avec la voix langoureuse que l’on peut entendre dans les studios occidentaux qui prônent la relaxation. Un jeune homme s’approche de moi, m’offre un chai et débute la conversation: “c’est une bonne chose que les gens pratiquent, tu sais, parce qu’aujourd’hui avec la vie que nous avons, on ne bouge plus suffisamment – les gens ne savent plus s’entraîner. Ah! Tu es professeur de yoga et anthropologue, donc que penses-tu de tout cela?” Je lui raconte comment les gens d’Europe et d’Amérique du Nord pensent souvent que tous les Indiens sont spirituels et pratiquent le yoga. Nous rions de notre ignorance, reconnaissant que dans cet échange bref nous ne sommes que deux cultures conscientes de notre profonde différence, n’allant probablement jamais complètement comprendre l’autre. Pourtant, nous sommes des êtres humains, dont les chemins se croisent l’espace d’un instant pour partager un thé. Il me salue et part travailler, je continue ma promenade matinale.

The pūjā, which in Sanskrit means “ritual,” is usually made in the morning and/or evening. When I asked my friend Twinkle Chobey, who is a young woman of 23-years old, very knowledgeable about the religious and spiritual side of her culture she explains: “The pūjā makes you remember that you do not belong to this world, that you have to take an underpass, not to get too much engaged in the worldly things. Do what you have to do and then go back to this reality behind daily experiences.” The japa is the recitation of mantras that you count with a mālā, very often hidden in a small bag around your wrist. Twinkle continues: “In the morning, the mālā should be near the navel, in the afternoon near the heart, and in the evening egal to the mouth. The left hand should be positioned according to the time of the day as well. There are three ways of saying the mantras during the japa: first, in such a way that someone coming near me can hear my recitation. Second, when the lips can move a little bit but my words cannot be distinguished. The third is the most effective; neither tongue nor lips should move. The japa should be done from inside. It happens when someone has very good practice. The best places to do the japa are near a cow house, a tree, the Gaṅgā river or ideally near the Śiva liṅgam.”

“For those rituals, the heart is the most important. Children are more than every enlightened person, because of their innocence. They can reach to God easily. Combination of heart and mind is very important. Mīra, who devoted to Lord Kṛṣṇa, had no knowledge, only heart and innocence. If you want to learn the scriptures and the rituals then you should connect your mind and the heart.”

La pūjā, qui signifie en sanskrit “rituel”, se pratique le matin ou le soir. Quand je demande à mon amie Twinkle Chobey, une jeune femme de 23 ans qui connait bien les aspects religieux et spirituels de sa culture, elle explique: “la pūjā te rappelle que tu n’appartiens pas à ce monde, que tu dois prendre l’autre chemin, celui ne pas être trop engagé dans les choses de la vie courante. Fais ce que tu as à faire, ensuite, retourne à cette réalité qui existe derrière l’expérience journalière”. La japa est la récitation des mantras que tu comptes avec un mālā, souvent cachés dans un petit sac attaché autour du poignet. Twinkle continue “Le matin, le mālā doit être à côté du nombril, l’après-midi à côté du coeur, et le soir au même niveau que la bouche. La main gauche doit être aussi placée en concordance avec le temps de la journée. Il y a trois manières de réciter les mantras lors de la japa: la première, d’une telle manière que quelqu’un qui serait proche de toi pourrait entendre la récitation clairement. Une autre façon, les lèvres peuvent bouger un petit peu, mais les mots ne peuvent être distingués. Enfin, la troisième manière et la plus effective, où ni la langue, ni les lèvres ne bougent. La japa doit s’effectuer de manière interne. Cette dernière manière de procéder s’applique lorsque la personne possède une bonne pratique. Les meilleurs endroits pour la récitation des mantras sont à côté d’une étable pour les vaches, sous un arbre, proche du Gange et idéalement à côté d’une Śiva liṅgam.

“Pour ce genre de rituels, le coeur est le plus important. Les enfants sont plus grands que n’importe quelle personne éveillée, à cause de leur innocence. Ils peuvent atteindre Dieu facilement. La combinaison du coeur et de l’esprit est importante. Mīra, qui s’était dévouée à Kṛṣṇa, n’avait pas de connaissance, seulement le coeur et l’innocence. Si tu veux apprendre à propos des écritures et des rituels, alors tu dois connecter l’esprit et le coeur”.

Prepare to be swallowed into the belly of the city: the insanity of the daytime traffic magnified by a cacophony of horns gives rhythm to the urban movements. You think you are about to be crushed under the tires of an erratic driver only to have a serendipitous swerve of the wheel avoid catastrophe at the last moment. Everything is chaotic, yet in time you realize it is a well-organized chaos, where everything makes sense and moves at its own cadence. In India, time is certainly different.

Sois prêt à être avalé par le ventre de la ville: la folie du trafic de la journée est une cacophonie de klaxons qui donnent le rythme du mouvement urbain. Tu penses que tu vas te faire écraser par un imprévisible conducteur lorsqu’au dernier moment un écart fortuit permet d’éviter l’accident. Tout est chaotique, pourtant, à un moment tu réalises que c’est un chaos organisé, où chaque chose possède un sens et se déplace avec sa cadence propre. En Inde, le temps est inconditionnellement différent.

Get out of the tuktuk and enter the small streets with its myriad of disorganized entangled electrical wires, abandoned dogs, and meandering cows. Follow the signs that lead you to the Ganges River and its famous ghats, the stairs that runs alongside the sacred River. On your way look for the liṅgams, hidden in  a small corner, under the stairs, behind a pillar, or in a niche. Erected stones encircled by their yoni, they are most of the time adorned with traces of the daily worship, a mere flower placed on top and red powder, milk or flower necklaces at its base. Varaṇāsī is the city of Siva, built up by him. The liṅgam is his symbol found all over India. The liṅgam is the phallus, the yoni the vulva, both symbols of the male and female archetypes. The male is seen as standing still, immutable and immovable; he is Consciousness. The female is his energy, his manifestation. They are both sides of the same coin, symbols of creation and manifestation of the world we experience daily. To worship the liṅgam is to remember the principle under which lies the Reality in which we are living.

Sors du tuktuk et pénètre les petites rues avec leurs myriades de câbles électriques désorganisés, ses chiens abandonnés et ses vaches vagabondes, suis les signes qui mènent au Gange et ses célèbres Ghats, les marches qui bordent le fleuve sacré. Sur le chemin, cherche les liṅgams. Ils se cachent partout, dans un coin, sous des marches, derrière un pylône ou dans une niche. Pierres érigées encerclées de leur yoni, ils sont souvent ornés des traces des rituels de la journée telle une fleur sur le dessus, des traces de poudre rouge, du lait ou un collier de fleurs à sa base. Varaṇāsī est la ville de Shiva, construite par lui-même. Le liṅgam est un symbole que l’on rencontre partout en Inde. Il représente le phallus, et son yoni la vulve, archétypes du masculin et du féminin. Le masculin est érigé dans l’immobilité, immuable et stable. Il est la Conscience. Le féminin est son énergie, sa manifestation. Ils sont chacun le revers d’une même pièce, symboles de création et de manifestation du monde. Vénérer le yoni-liṅgam, c’est se rappeler ce principe qui sous-tend la Réalité dans laquelle nous vivons.

I remember one of my friends living in India telling me: “my Indian neighbour wanted to cut this tree in the backyard. I tried to dissuade him but he was stubborn and didn’t want to hear anything. So one day, I bought some red strings and tight them around the trunk. The next day he was giving the tree some offering and worshiping it. Of course, he never thought of cutting it again.” Trees are also sacred in India and are often worshiped. We can think of the upside-down Aśvattha tree of the Bhagavad Gītā, the tree of life, symbol of the scriptures and the true knowledge of reality.

In the streets many temples can be found with a tree sprouting from or around their foundations. A flower left to the roots of the tree, a passerby thinking it is an offering pours some sacred water on it and marks the surrounding stones with red powder. Eventually a small wooden box is built  in order to protect and house the stones that became liṅgams with its offering. A priest decides to live nearby and take care of what is becoming a shrine. An idol is added along the liṅgams and a larger box is needed to protect the encased shrine. With time the recurrent iterations of boxes protecting boxes protecting boxes become a temple. Devotions are made daily and people of the neighbourhood come to do their pūjā. This is how a tree can often be found in the heart of a temple or around it.

Je me souviens d’une amie qui vit en Inde et qui me racontait: “Mon voisin indien voulait couper l’arbre de la cour arrière. J’ai tenté de l’en dissuader à plusieurs reprises, mais il n’y avait rien à faire. Alors un jour, j’ai acheté du fil rouge que j’ai attaché autour du tronc de l’arbre. Le jour d’après il apportait des offrandes au pied de l’arbre. Bien entendu, il n’a jamais plus pensé à le couper”. Les arbres sont sacrés en Inde, et souvent vénérés. On peut se rappeler l’arbre aux branches vers le sol et aux racines vers le ciel, Aśvattha, que l’on trouve dans la Bhagavad Gītā. L’arbre de vie, symbole des écritures sacrées et de la connaissance de la Réalité qui s’y cache.

Dans les rues, de nombreux temples peuvent être trouvés avec un arbre poussant autour de ses fondations. Une fleur déposée au pied d’un arbre, un passeur pense que c’est une offrande et y ajoutera donc de la poudre rouge sur les pierres alentour et y versera de l’eau du Gange. Éventuellement, une petite boîte de bois sera construite pour protéger les pierres devenues liṅgams et les offrandes. Un prêtre décidera de vivre non loin et s’occupera de ce qui est en train de devenir un templion. Une idole est ajoutée proche des liṅgams et une boîte plus large est nécessaire pour le protéger. Au fil du temps, la boîte qui protège la boîte qui protège la boîte devient un temple. Les dévotions sont faites de jour en jour et les gens du quartier viennent y faire leurs dévotions. C’est ainsi qu’un arbre peut être trouvé au coeur d’un temple, ou autour de celui-ci.

If the archetype of the energy, the manifestation of Consciousness, in daily life women has a social role different that her archetypal form, even though occasionally they reconverge, for example during festivals. Married women use red powder on their parted hair as well as a small red dot called bindi, between the eyes. Unmarried young women can also wear a bindi on their forehead for the mere aesthetics and it can be of different shapes and colors to match their clothing.

The traditional outfit for a woman is a sārī or a kurta. The way to wear a sārī can vary from one region of India to another. The midriff is easily exposed when wearing a sārī , while the shoulders and ankles, which are much more delicate and suggestive, are mostly hidden.

The woman in the photo below is holding her wet sari with her friend on the other side (out of frame) to help it dry by the wind. Women are always together in groups and you can meet them in Varaṇāsī, famous for pilgrimage. After the ritual bathing in the Ganges, they wash their fabrics with a bar of soap and either hold them overhead to dry them in the breeze or simply lay the 6.30m long sari on the heated stairs. Indian women are strong, sensual and beautiful.

Si le féminin est l’archétype de l’énergie, déploiement de la Conscience, au jour le jour la femme possède un rôle social bien différent de sa forme archétypale, même si parfois les deux formes peuvent converger lors d’un festival par exemple. Les femmes mariées mettent de la poudre rouge sur la raie de leurs cheveux ainsi qu’un petit point rouge appelé bindi entre leurs deux yeux. Les jeunes femmes non mariées peuvent aussi porter un bindi sur leur front pour des raisons alors purement esthétiques. Le bindi va alors être de différentes formes ou couleurs pour s’accorder à leur tenue.

Le vêtement traditionnel pour une femme est le sārī ou le kurta. La manière dont le sārī est porté varie d’une région de l’Inde à l’autre. Si le ventre est facilement exposé lors du port du sārī, les épaules et les chevilles qui sont bien plus délicates et suggestives sont précieusement cachées.

La femme de la photo ci-dessous tient son sārī mouillé avec son amie à l’autre bout (hors de la photo) pour le faire sécher au vent. Les femmes sont toujours ensemble en groupe et l’on peut les rencontrer à Varaṇāsī, célèbre pour ses pèlerinages. Après un bain rituel dans le Gange, elles lavent leurs vêtements avec un pain de savon et les tiennent au-dessus de leur tête au vent ou bien déposent le tissu de 6.30m sur les marches chaudes pour le faire sécher. Les femmes indiennes sont fortes, sensuelles et belles.

One of the striking things for westerners is to observe upon arrival to India the scene of a cow in the middle of a traffic jam, blithely serein. The cow is a sacred animal in India. When you walk through the streets you witness people touching the roaming cows as they pass by, reaching their hand to their own forehead as a sign of taking the blessing of the holy cow. The symbol of the cow goes back to the Vedic times, with its Sanskrit name sharing the same root with the word “light.” It is said that many gods live in the cow, “this is why it is a great sin to kill a cow, explains Twinkle. The pañcha gavya, or cow dung, is used to make Ganesh Statue when it is marriage time, called the gaur Ganesh. It is also used to paint houses on important events, or during the worship, and is regarded as a blessing from the cow. The cow’s urine, on the other side, is known in Ayurvedic medicine. Sadhus are said to be immune from disease and can fast for prolonged periods by drinking the cow’s urine.” From the cow comes the milk used for the daily needs such as chai, ghee, curd, and other produce. The cow is ever giving, nourishing day after day.

L’une des choses improbables avec laquelle le touriste occidental va se trouver nez à nez à son arrivée en Inde sera probablement la vision d’une vache allongée au milieu du trafic, allègrement sereine dans ce tintamarre alors que tous vos sens ne savent plus où donner de la tête. La vache est un animal sacré en Inde. Quand tu marches à travers les rues, tu peux voir les gens toucher la vache alors qu’ils la dépassent puis porter leurs mains à leur front, signe de bénédiction qu’il reçoive de l’animal sacré. Le symbole de la vache remonte à l’âge védique, dont il partage la racine du mot sanskrit avec celui de “lumière”. Il est dit que plusieurs dieux vivent dans la vache, “c’est pourquoi c’est un péché très important de tuer une vache, explique Twinkle. Le pañcha gavya, ou la bouse de vache, est utilisée pour faire des statues de Ganesh durant le temps des mariages, que l’on nomme le gaur Ganesh. Elle est aussi utilisée pour peindre les murs des maisons lors des événements importants, les rituels, et est perçue comme une bénédiction. L’urine de la vache, d’un autre côté, est connue de la médecine ayurvédique. Les sadhus sont immunisés des maladies et peuvent jeûner pendant des temps prolongés parce qu’ils boivent l’urine”. La vache produit du lait, ingrédient journalier qui permet de faire le chai, le ghee, le curd entre autres. Jour après jour, la vache est constamment nourricière.

If you have a chance to visit cities considered as a sacred place, you will inevitably meet the babas. They are the  wanderers of India. Like you and me, they walk around India, but they never stop. They have no home because their  status doesn’t allow them to settle anywhere. Traditionally they give up on their casts, social life, goods, family and name; they are self-exiled from their social world. It is said that real babas are the guardians of knowledge and the secrets of the highest reality, but be discerning  — both scriptural texts and  modern-day life are replete with fake babas. On the river banks of the Varaṇāsī, one may observe those who run after the tourists asking for money, dressed up with colourful fabrics and their face paintings with ritual designs.

Si tu as la chance de visiter des villes sacrées, tu vas inévitablement rencontrer les babas. Ils sont les vagabonds de l’Inde. Comme toi et moi, ils traversent l’Inde, seulement, eux ne s’arrêtent jamais. Ils n’ont pas de maison, car leur statut ne leur permet pas de s’installer quelque part. Traditionnellement, ils ont renoncé à leur caste, leur vie sociale, leurs biens, leur famille et leur nom; ils sont retirés du monde, ils sont des renonçants. Il est dit que les vrais babas sont les gardiens de savoirs et des secrets de la Réalité la plus haute, pourtant, autant les écritures d’antan que les ouïes-dires actuels mettent en garde contre les faux babas. Sur la berge du Gange de Bénarès, on peut observer ceux qui courent après les touristes en demandant de l’argent, habillés de tissus colorés et le visage peint avec des marques rituelles.

A day in India is not complete without a Masala Chai. It is not healthy, but very tasty. Chai-shops can be found on the side of the road pretty much everywhere. Traditionally, chai is served in small clay cups, which allows you to only drink a small quantity at a time and also because it is more hygienic: when the chai is finished, the clay cup is broken and never used twice. Sometimes chai is also served in small plastic or glass cups. If you want to have a chai but you are not sure of the cleanliness of the glass (we should protect our weak occidental digestive system), then it is best is to pour a bit of tea out of the glass and drink where the scalding liquid has touched the cup brim — an impromptu sterilization. Another tip, if for some reason you cannot drink chai, then ask for “kālī chai” which is simply “black tea”.

Une journée sans un Masala Chai n’est pas complète. Ce n’est pas vraiment très bon pour la santé, mais c’est délicieux. Les “chai shop” peuvent se trouver sur le bord de la route quasiment partout. Traditionnellement le chai est servi dans des petites tasses en terre, ce qui permet de seulement boire de petites quantités à la fois, mais aussi parce que c’est plus hygiénique: quand tu as terminé ton chai, la tasse de terre est cassée et jamais réutilisée. Parfois, le chai est aussi servi dans des petits verres en plastique ou en verre. Si tu veux prendre un chai, mais as des doutes sur la propreté du verre (nous devons ménager notre système digestif d’Occidental), alors le mieux est de verser un peu de thé hors du verre, et de boire là où le liquide brûlant a touché le bord du verre — impromptue stérilisation. Un autre conseil, si pour quelques raisons tu ne peux pas boire de chai, demande pour un kālī chai, qui signifie tout simplement “thé noir”.

Be about your wits when outside alone after dusk, unless you are well accompanied. The journey deepens when one hears “rām nām satyah hain”, meaning a family is going to the cremation site. Here the cows, gods, chai, children are part of the scene, reminding us that death is just a part of life. Many holes are in the body, each connected with the senses. It is said that when the person is cremated, the soul exits the body from the holes that were connected to the most important senses in his life (ears for sound, nose for smell, mouth for taste, eyes for sight, etc.). The fire is central, not just its incendiary abilities, but how it is a  reflection of a much symbolic and higher level. Fire is a paramount common element to all rituals throughout time and traditions in India. As the body is burnt at the end of life, the enlightened one should offer his hopes, expectations, desire and attachments to the sacred fire when he becomes one with the Consciousness. The fire is Vedic and Tantric, it is the link through which life arises and finishes — through which the soul is cooked by life itself, only reason of our passage on earth.

Soit sur tes gardes quand le soleil commence à disparaître, à moins que tu ne sois bien accompagné. Le voyage s’intensifie lorsque tu entends “rām nām satyah hain”, ce qui signifie qu’une famille est en chemin vers la crémation. Ici, les vaches, les dieux, le chai et les enfants font partie de la scène, nous rappelant que la mort fait partie la vie. Il y a plusieurs ouvertures dans le corps, chacune connectée avec un sens. Il est dit que lorsque la personne est incinérée, l’âme quitte le corps par les cavités qui étaient connectées aux sens les plus importants pour la personne durant sa vie (les oreilles pour le son, le nez pour l’odorat, etc.). Le feu est central, pas seulement pour ses qualités incinératoires, mais aussi comme réflexion d’un symbole sur un niveau plus profond. Le feu est probablement le dénominateur commun à tous les rituels à travers le temps et les traditions de l’Inde. Tout comme le corps est brûlé à la fin de la vie, ultime offrande et rituel, celui qui est éveillé doit offrir ses désirs, ses attentes, ses espoirs et ses attachements au feu sacré quand il ne fait plus qu’Un avec la Conscience. Le feu est védique et tantrique. Il est celui dans lequel la vie commence et termine. La vie finalement est le feu ultime, celui qui “cuit” l’âme, seule raison de notre passage sur terre.

By day’s end you have completed our journey, like the circle of life. Travelling is like a pilgrimage to yourself, in which the other culture becomes your own mirror. Your outlook — , what is shocking or disturbing — is nothing more than you in front of yourself. Death is not just physical, ritual is not just religious; children, women, and men are not just social individual. We learn that there is no absolute segregation of spirituality and daily life: they penetrate each other at every moment.

À la fin de la journée, tu as complété le voyage, comme le cercle de la vie. Le voyage est comme un pèlerinage vers toi-même, dans lequel l’autre culture devient ton propre miroir. Ta perception, ce qui est choquant, dérangeant, n’est autre que toi en face de toi-même. La mort n’est pas seulement physique, les rituels ne sont pas seulement religieux; enfants, femmes et hommes ne sont pas que des individus sociaux. On apprend que rien ne sépare la spiritualité de la vie quotidienne: elles s’interpénètrent à chaque instant.

Mariette has a master degree in anthropology from the University of Montreal. She teaches yoga enlined with the philosophy of non dual tantric saivaism from Kasmir. She is regularly travelling to India to follow up her research on esoteric traditions from the Tantras.

Mariette est diplômée d’un master en anthropologie de l’Université de Montréal. Elle enseigne le yoga dans la ligne de la philosophie du sivaisme tantric non-duel du Cachemire. Elle voyage régulièrement en Inde pour poursuivre ses recherches sur les traditions ésotériques des Tantra.

yoginibhuh.com

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