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Massimadi discute avec la rappeuse zambienne-canadienne Backxwash

Écrit par

Laurent Maurice Lafontant
septembre 17th, 2020

Salut tout le monde! Ce mois-ci, je vous présente Ashanti Mutinta, connue professionnellement sous le pseudo Backxwash. Si vous ne la connaissez pas déjà, Backxwash est une rappeuse Zambienne-Canadienne basée à Montréal.

J’ai eu le plaisir de la voir en spectacle à deux reprises, d’abord au lancement de l’organisation Fruition [1] au Ausgang Plaza et ensuite à La Sala Rosa durant la soirée de clôture de Massimadi, le festival des films et des arts LGBTQ afro. Massimadi met en lumière les cultures, les arts et les artistes Noir.es queer et c’était un honneur pour nous de donner une plateforme à cette incroyable artiste qui s’identifie comme une femme transgenre.

Commençons par féliciter Ashanti qui a été sélectionnée pour la courte liste du prix de musique Polaris [2] avec son album God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of It. Félicitations!

Ashanti, comment allez-vous? Comment se passe votre été?

L’été est pas mal. Je travaille sur des projets et j’essaie de créer de nouvelles musiques.

Quel effet vous fait cette nomination?

Je pense que c’est très bien! Je suis heureuse de figurer sur cette liste avec beaucoup d’excellents artistes comme Pantayo et Lido Pimienta.

Parlez-nous de votre album God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of It?

Cet album représente mon parcours vers ce que je considère être le pardon. C’est l’album que j’ai toujours voulu faire.

Voulez-vous nous expliquer à que ce pardon fait référence?

Pour le moment, je ne le sais toujours pas. Je tente encore de comprendre ce que signifie réellement le pardon.

Parlez-nous de votre parcours de musicienne.

J’ai commencé à faire de la musique très jeune alors que j’étais encore en Zambie. J’ai commencé à faire des beats et du rap à l’âge de 13 ans, avant de faire une pause à l’âge de 17 ans, pour m’y remettre après mon arrivée à Montréal.

On retrouve une myriade de symboles à connotation religieuse dans votre musique, comme l’enfer, le diable, Dieu, etc. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? La religion a-t-elle eu une forte influence sur votre enfance?

J’ai été élevée dans cet environnement et je trouve cette imagerie très intéressante. Elle n’a pas de signification spirituelle, mais c’est quelque chose que j’ai gardé en moi.

Votre musique reflète beaucoup de colère et d’émotions. Elle me donne parfois l’impression que vous vous adressez à vos parents, votre famille ou vos proches. La musique est-elle une forme de thérapie pour vous?

Oui, elle l’est parfois. Je pense que chaque œuvre d’art a une histoire à raconter et celle-ci est la mienne. C’est thérapeutique par moment, mais je ne pense pas que ce soit nécessairement mon intention.

Comment décririez-vous le genre de musique vous que faites?

Honnête, cathartique et agressif!

Couverture de l’album God Has Nothing to Do With This Leave Him Out of It

Qu’est-ce qui vous inspire?

Des œuvres différentes, les films d’horreur. Je suis inspirée par des esthétiques différentes.

Quel genre d’esthétique vous inspire?

J’aime tout ce qui est déstabilisant sans nécessairement être perturbant. Je crois qu’on sous-estime la sensation d’être ébranlé.

Pouvez-vous nous parler de personnes, de musiciens ou d’artistes qui vous inspirent?

Danny Brown, JPEGMafia, Black Sabbath, Black Dresses et Diamanda Galas!

Où pouvons-nous écouter votre musique?

Principalement sur Bandcamp! Tout mon catalogue y est: backxwash.bandcamp.com

Quels sont vos projets d’avenir?

Davantage de musique et d’expérimentation!

Avez-vous eu peur pour votre carrière maintenant que les concerts sont plus compliqués en raison de la Covid-19 ?

Je serais bête de ne pas avoir peur, ça affecte beaucoup de choses.

Prévoyez-vous donner des concerts en ligne?

Oui, surtout dans ce contexte de Covid.

Merci, Ashanti, je vous souhaite bonne chance pour la suite de votre carrière. Encore toutes mes félicitations ! Profitez du reste de l’été.

[1]: Fruition est un collectif d’artistes crée par et pour les personnes racisées LBTQ+ pour leur fournir un espace où créer, apprendre et construire librement avec les outils fournis pour assurer leur sécurité, leur survie et leur sûreté en ce qui concerne leur identité, leur existence et leur art..

[2]: Le Polaris Music Prize is a not-for-profit organization that annually honours, celebrates and rewards creativity and diversity in Canadian recorded music by recognizing, then marketing the albums of the highest artistic integrity, without regard to musical genre, professional affiliation, or sales history, as judged by a panel of selected critics and experts.

À propos de l’auteur

Laurent Maurice Lafontant est né en Haïti et a immigré au Québec en 2001. En 2008, il obtient son diplôme de l’Université Concordia à Montréal en Beaux-arts après une double majeure en études cinématographiques et études littéraires. Depuis 2008, Laurent s’implique dans la communauté LGBTQ+ en devenant intervenant au Gris-Montréal et bénévole à Arc-en-ciel d’Afrique, un organisme qui œuvrait pour les personnes LGBTQ+ des communautés noires. Il a réalisé deux courts documentaires sur la question de l’homosexualité au sein des communautés noires à Montréal: Être soi-même (2012) et Au delà des images (2014). Laurent est actuellement le président de la Fondation Massimadi, et le coordonnateur de l’évènement Massimadi: festival des films et des arts LGBTQ+ Afro. Laurent est également un écrivain qui a publié son premier roman « La dernière lumière de Terrexil » au printemps 2018.

 

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