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Entrevue avec Étienne Lapierre d’Alvéole

Écrit par

Stéphanie Marois
octobre 18th, 2017

Entrevue avec Étienne Lapierre d’Alvéole

Cet été, Never Apart a approfondi son engagement environnemental en faisant appel à Alvéole pour installer deux ruches sur le toit du centre. L’apiculture urbaine a largement démontré qu’elle est un mouvement en plein essor, plutôt qu’une mode passagère. Montréal dénombre maintenant 300 apiculteurs et reconnait que les abeilles rendent des services écologiques en milieu urbain. Je me suis rendue au siège social d’Alvéole pour rencontrer Étienne Lapierre, un des trois cofondateurs.

Donc, comment est-ce que trois Montréalais dans la vingtaine lancent une boîte d’apiculture ? Et bien, adolescents, Étienne Lapierre, Alexandre McLean, et Declan Ranklin Jardin ont passé plusieurs étés au Manitoba à aider l’oncle d’Alexandre à la gestion de 2 000 ruches. Ce travail leur offrait une coupure avec la ville et a inculqué chez eux une profonde fascination pour les abeilles. Étienne explique comment New York a été un tournant pour le groupe : c’est dans cette métropole qu’ils ont non seulement découvert que l’apiculture urbaine existait, mais qu’elle était également un modèle qui pouvait être exploité à grande échelle et de manière durable. Ils ont ensuite décidé d’installer une ruche au centre-ville de Montréal pour déterminer si l’apiculture urbaine représentait une possibilité tangible dans leur ville. Très rapidement, ils ont remarqué que le voisinage semblaient se donner le mot chaque fois qu’ils se déplaçaient pour faire une inspection de la ruche — les membres du quartier se rassemblaient autour de celle-ci et étaient visiblement intéressés au développement de la colonie d’abeilles. « On a revisité notre métier et réappris ce qu’on avait appris au Manitoba, mais d’une façon beaucoup plus sociale. Il y avait un contact humain en même temps qu’un contact avec la nature […] L’apiculture urbaine a le pouvoir énorme de changer notre perspective face à l’environnement, face à la nature qui nous entoure en ville. C’est à ce moment qu’on a décidé de créer une entreprise dont la mission est de reconnecter les gens à la nature à travers les abeilles. »

L’apiculture urbaine tire profit des espaces inutilisés, crée un sentiment d’appartenance et de communauté, sensibilise la population à l’importance de la biodiversité et produit un (délicieux) aliment local. Qui a-t-il à redire ? Les abeilles ? Presque tous mes amis ont eu le même air terrifié à ma seule mention de l’apiculture urbaine. En vérité, les abeilles sont végétaliennes et ne piquent que rarement. Lorsqu’elles le font, elles meurent instantanément, alors soyez assurés qu’elles ne cherchent pas d’ennuis non plus. Dès le début du projet, les membres de l’équipe ont dû affronter certaines idées préconçues et ont choisi de le faire avec humour et audace. Chaque année, Alvéole publie un calendrier mettant en vedette quelques-uns de leurs clients dans leur plus simple appareil avec leurs ruches pour démontrer à quel point les abeilles peuvent être inoffensives et dociles.

L’éducation est l’essence d’Alvéole et les trois cofondateurs ont joint le geste à la parole en démarrant des projets d’apiculture urbaine dans soixante-cinq écoles de la province (soixante à Montréal et cinq à Québec). « C’était obligatoire qu’on s’intègre dans ce milieu de vie ; c’est le meilleur endroit pour toucher un maximum de personnes. On mesure notre succès par le nombre de gens qui vivent cette expérience. C’est ce qui nous motive, pas le nombre de profits, mais l’aspect humain. »

Chaque école forme un comité d’étudiants qui deviennent ainsi les porteurs du projet. Ces jeunes participent et prennent soin des ruches, découvrent le monde des abeilles, partagent leurs connaissances avec leurs parents et les autres élèves, participent à l’extraction du miel, créent les étiquettes et travaillent l’entrepreneuriat avec la vente du miel. Les retombées éducatives sont majeures. Étienne estime qu’un projet comme celle-ci peut offrir une alternative à la vision pessimiste de l’environnement qu’on présente aux enfants et aux adultes. Des petits gestes peuvent avoir un impact, on peut influencer l’environnement de façon positive.

En discutant avec lui, j’ai été frappé par le fait qu’Alvéole ne cherche pas à se rendre indispensable aux apprentis apiculteurs. Au contraire. « Le but est d’outiller les gens, de les accompagner pour qu’ils puissent devenir autonomes avec leurs ruches et transmettent à leur tour leur savoir-faire. » Le rôle que joue Alvéole dans le programme de réinsertion sociale réalisé en collaboration avec l’Accueil Bonneau démontre également leur engagement face à la communauté. Douze personnes en situation d’itinérance sont formées par Alvéole pour l’entretien des 64 ruches installées sur différents toits d’immeubles de la ville. Le miel produit par ces nouveaux apiculteurs est redonné au centre et vendu pour en aider le financement.

Ce qui a débuté il y a quatre ans comme une action bénévole est devenu le plus gros projet géré par Alvéole. Étienne Lapierre est extrêmement fier de son implication avec l’Accueil Bonneau, de l’ampleur de la participation des artisans locaux à la campagne du Miel de Bonneau et du fait que le souci de l’environnement puisse avoir des ramifications positives et tangibles sur la vie d’individus en particulier.

L’étape suivante pour l’équipe d’Alvéole est le développement d’autres branches de la reconnexion à la nature et de nouvelles manières de repenser la ville et notre façon d’y cohabiter. L’entreprise souhaite s’impliquer dans d’autres villes (on retrouve des bureaux Alvéoles à Montréal, Québec et Toronto) en partageant leur savoir-faire afin de créer des succursales autonomes. On songe également à l’implantation de fleurs et de plantes sur les toits, ainsi qu’à la récupération des eaux. Que du bon, quoi !

De quoi piquer votre curiosité (il faut me pardonner le jeu de mots, je ne pouvais pas m’en empêcher)

— Octobre est le Mois du Miel de Bonneau. Visitez le https://www.accueilbonneau.com/mieldebonneau pour plus d’information.
– Une fois isolées, les ruches urbaines demeurent à l’extérieur tout l’hiver. La température interne d’une ruche peut atteindre 35 degrés Celsius. Dans l’absolu, l’apiculture urbaine espère acclimater les abeilles aux rudes hivers canadiens.

– Le miel produit par l’apiculture urbaine aura un goût différent selon le quartier d’où il provient. C’est la beauté de la biodiversité.
– Moins de 20 % du miel consommé au Canada provient du Canada. Soutenez les apiculteurs et artisans locaux.
– Puisque 2018 est à nos portes, je suggère fortement la candidature de Dax et Michael de Never Apart pour la prochaine édition du calendrier nu www.alveole.buzz

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