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Pleurer sur la piste de danse: Rencontrez Hunter Lombard

Écrit par

Leticia Trandafir
août 16th, 2018

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Je me rappelle le moment où j’ai entendu le EP Eris de Hunter Lombard, bien avant qu’elle ne soit signée par Jack Dept., le label new-yorkais de Volvox et John Barera. J’ai eu l’impression de découvrir un trésor secret, un trésor qui serait bientôt révélé et prendrait d’assaut toute la planète.

La richesse des arrangements et la qualité de production révèlent une personne qui s’applique à son art depuis un bon moment, qui y travaille patiemment, loin des cercles branchés, en attendant qu’il soit complètement formé pour le partager.

New-yorkaise d’origine, celle qui joue de la guitare depuis sa tendre enfance a passé les six dernières années à produire des chansons depuis sa chambre avant de lancer Eris, son premier EP, en avril 2018. Protégée de Kim Ann Foxman— cette dernière a remixé la piste Raeh—Hunter se démarque également en tant que DJ sur la scène techno de Brooklyn, se produisant dans diverses salles de spectacle dont Good Room, Bossa Nova Civic Club et The Dreamhouse. Ses sets de DJ et ses productions mélangent l’acid et des transitions en calage tempo à des lignes mélodiques lourdes, des nappes sombres et des ambiances riches. Hunter décrit sa production musicale comme « émotive mais dansante […] qui vous fera soudainement pleurer sur la piste de danse. »

Nous vous invitons à vous joindre à nous pour célébrer, danser et peut-être même pleurer lors de l’événement NVA à Piknic Électronik, alors que Hunter Lombard clora la soirée avec un set de DJ sur la scène Moog. D’ici là, nous vous offrons une rencontre avec l’artiste:

Quel est votre parcours artistique et musical?

La création musicale m’a obsédée dès un très jeune âge et j’ai reçu ma première guitare électrique pour Noël à l’âge de dix ans. J’ai suivi des leçons pendant quelques années et j’ai ensuite commencé à jouer dans des groupes avec des enfants de mon âge. Me sentant épuisée après avoir joué dans des groupes pendant des années, j’ai abordé une transition vers une musique plus électronique en 2012.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers le DJing? Y a-t-il eu un instant décisif ou était-ce une lente progression?

Une longue et lente progression, assurément. Ma première expérience avec du matériel de DJ a eu lieu chez mon ami Isaac quand j’avais à peu près quinze ans. Il avait un de ces systèmes tout-en-un Numark encombrant avec le logiciel Serato sur un ordinateur portable. Je n’écoutais pas vraiment de musique dance à l’époque, mais je me souviens qu’il m’a enseigné le calage tempo en mixant des chansons de Daft Punk. Quelques années plus tard, j’ai appris à mixer avec le procédé time-code pour vinyle sur Serato et j’ai bien aimé, mais puisque je n’avais pas une communauté ou des amis qui s’intéressaient à la musique dance, mon intérêt s’est estompé jusqu’en 2011-2012. J’étais maintenant assez vieille pour entrer dans des soirées underground avec une fausse carte d’identité et c’est à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à apprécier la musique dance. À l’époque, je me concentrais surtout à faire de la production seule dans ma chambre; je ne me suis sentie prête à me mettre à fond dans le DJing et partager ma musique qu’il y a de cela trois ans, après avoir développé un solide groupe d’amis DJs et producteurs.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire votre propre musique?

J’ai commencé à faire ma propre musique dès que j’ai su comment enchaîner des accords sur ma guitare. Adolescente, j’ai téléchargé une copie de démonstration du logiciel Ableton pour expérimenter après m’être davantage intéressée à la musique électronique (le premier album de Fever Ray a été pour moi un moment charnière). En 2012, j’avais attend le stade où e produisais et j’écrivais des chansons complètes. La musique que je faisais à l’époque était assez lente, autour de 110 bpm, et très mélodique. Il existe définitivement un fil conducteur entre mes anciennes et mes nouvelles productions; j’ai simplement commencé à faire de la musique plus adaptée aux clubs.

Qu’est-ce que vous utilisez pour produire votre musique?

Je compose sur Ableton et j’utilise Push de pair avec mon Access Virus et mon synthé préféré, le U-He’s Diva. À l’heure actuelle, je compose beaucoup de mélodies à la guitare pour ensuite les transcrire sur mes synthés. Je suis très à l’aise à la guitare et le fait d’incorporer cet instrument à mon processus d’écriture a aidé à m’ouvrir à de nouvelles voies créatives.

Quels sont quelques-uns des producteurs, des sons, des époques et des genres qui vous inspirent ?

En matière de son, j’adore les nappes et les productions éthérées à effet mur de son. My Bloody Valentine et les Cocteau Twins sont des influences importantes. J’écoute pas mal de rock du début des années 2000. Il existe un grand nombre de mélodies et d’émotions incroyables dans ces chansons que nombreux négligent parce que les gens adorent haïr cette époque du rock (pour le moment). En gros, je veux juste faire de la musique sur laquelle on peut danser et pleurer.

Quels aspects de votre DJing aident à orienter votre production et vice versa ?

Le DJing m’a fait revoir les arrangements et la manière dont les chansons édifient et dissipent la tension. Lorsque j’ai fait le saut vers la musique dance, j’ai senti que je devais réapprendre les arrangements musicaux et rompre avec la structure couplet-refrain-pont de la musique rock. D’autre part, j’ai tendance à faire jouer des titres axés sur la mélodie qui ont la même ambiance que mes productions.

Kim Ann Foxman est votre mentor de bien des façons. Comment votre relation s’est-elle développée et que vous a-t-elle apporté ?

Kim Ann et moi nous sommes rencontrées en 2015 et nous nous sommes immédiatement découvert des atomes crochus. Nous habitions très près l’une de l’autre, alors nous nous rejoignions souvent pour jouer au basketball ou allions chez elle pour regarder des films lorsqu’elle n’était pas en tournée. J’étais à la recherche d’un studio et elle m’a aidée à en dénicher un dans le même immeuble où elle avait le sien. J’ai installé mon matériel dans mon nouveau studio et j’ai composé un tas de chansons, dont certaines sont sur Eris. Puisque nous étions souvent à nos studios au même moment, nous passions nous voir, nous écoutions ce sur quoi nous travaillions et nous nous donnions notre avis. Ça m’a été tellement utile et m’a motivée à mener à des certains projets et à essayer de nouvelles choses. Kim Ann fait partie du monde musical depuis un bon moment et m’a apporté de précieux conseils et un soutien émotionnel lorsque j’hésitais face à une question ou me sentais simplement nerveuse avant une prestation. Elle m’a aidée à me détendre et à être moins stricte et dure avec moi-même.

Ça peut paraître étrange de dire la « scène new-yorkaise » ou la « scène de Brooklyn », compte tenu du nombre de différents genres et segments de musique qui existent. À quelle facette de ces scènes vous identifiez-vous ? Est-ce facile d’y trouver sa place ?

Je sens que j’ai récemment réussi à me faire une place dans la scène techno de Brooklyn, surtout après le lancement de Eris sur le label techno Jack Dept. de Brooklyn. Je joue dans le quartier depuis quelques années, mais je pense que très peu de gens savaient que j’étais d’abord et avant tout une productrice et que je fais de la musique depuis plus de six ans.

Quels sont quelques-uns des aspects les plus passionnants et les plus difficiles de cette scène musicale ?

Au moment présent, l’aspect le passionnant est la demande pour la musique dance et les installations qui se prêtent à l’exploration de la dance. Chaque nuit, on trouve toujours des soirées où aller s’amuser et danser. À l’inverse, on a parfois l’impression qu’il est impossible de se faire engager à moins d’organiser sa propre soirée — il y a une sorte de mentalité « si je t’engage, tu m’engageras à ton tour », ce qui est compréhensible — mais organiser sa propre soirée n’est pas donné à tout le monde et peut sembler être un obstacle insurmontable en début de carrière.

Vous avez lancé votre premier EP Eris cette année sur Jack Dept., un label new-yorkais géré par Volvox et John Barera. Comment cette collaboration s’est-elle développée et quels sont vos plans pour d’autres lancements ?

J’ai écrit pas mal de musique fin 2016/début 2017 avec comme objectif d’en faire un EP. Kim Ann a été témoin du processus du début jusqu’à la fin, alors ça m’a semblé tout naturel qu’elle enregistre un remix. Une fois le EP complété, je l’ai donné à des DJs locaux et c’est de cette manière que Volvox l’a entendu. Sa réaction a été très positive et, peu de temps après, John et elle ont accepté de le lancer sur Jack Dept. Je travaille à l’enregistrement d’un nouvel EP, mais je n’ai pas encore de plan établi pour le lancement.

Comment vous sentez-vous à l’approche de votre première prestation montréalaise à Piknic Électronik ?

Excitée et nerveuse, mais surtout excitée et particulièrement heureuse de jouer avec des amis !

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