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Rencontrez Musique Nouvelle, le nouveau project musical de Simon Chioini et Félix Gourd

Écrit par

Leticia Trandafir
octobre 8th, 2018

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On discute avec les artistes Montréalais Félix Gourd et Simon Chioini au sujet de leur nouvelle collaboration musicale, qui sera présenté en première au Canada à NVA le 19 octobre prochain.

Comment a commencé Musique Nouvelle? Quelle est l’histoire de ce projet?

Félix : Simon et moi collaborons depuis plusieurs années sur différents projets. Nous nous sommes rencontrés dans l’ensemble de percussions du Conservatoire de musique de Montréal. Par la suite je me suis tourné vers des études en arts visuels et lui a poursuivi en composition électroacoustique au Conservatoire.

Simon : Avant Musique Nouvelle on a donc collaboré sur plusieurs oeuvres audiovisuelles destinées à être diffusées sur le web où dans des galeries. Félix créait les visuels et j’y intégrait le son. La démarche était assez plastique et expérimentale.

Simultanément j’ai commencé à organiser des événement avec Acte et Félix s’est joint à nous pour faire la scéno des shows. Puis on a eu envi de partir notre propre projet en duo.

F : Musique Nouvelle est né de notre désir de présenter un projet audiovisuel plus concret dans le cadre de MUTEK Montréal. Nous n’avons jamais eu la chance de performer à Montréal pour l’instant, mais nous avons pu faire notre premier show sous le nom Musique Nouvelle à MUTEK Mexico, partageant ainsi la scène principale avec Telefon Tel Aviv et Squarepusher!

S : En 2017 pour Mexico c’était encore un projet orienté A/V. Cette année à Buenos Aires, nous avons pu présenter le projet sous sa forme purement musicale, avec Félix et moi qui performons tout les deux ensemble.

Parlez nous de vos expériences musicales à chacun avant de joindre le projet.

F : Alors voilà, nous avons tous les deux un background en percussions contemporaine. Pour ma part j’ai étudié la musique depuis l’âge de 9 ans. J’ai appris le piano puis j’ai suivis des études en percussions. J’ai complètement délaissé la musique à l’Université pour me concentrer sur les arts visuels (vidéo, 3D, installation, art numérique). Après 5 ans d’exploration, menant à terme plusieurs projets liés à l’art visuel disons «numérique» et toujours en lien étroit avec la musique et l’art sonore, j’ai eu un «craving» intense de retourner vers la musique. C’est l’année dernière, tout juste avant notre set à Mexico, que j’ai annoncé à Simon que j’avais le désir de changer mon rôle dans Musique Nouvelle et d’en faire un duo de musique plutôt qu’un projet A/V.

S : De mon côté, j’expérimente sur la scène musicale depuis plusieurs années et à travers de nombreux projets. J’ai composé des oeuvres électroacoustiques que j’ai pu diffuser dans des festivals et dont certaines ont été éditées (Compositions 012-015 sur Where To Now? par exemple). Ensuite la scène underground de Montréal m’a permis de créer une musique d’abord complètement abstraite, puis de plus en plus «fonctionnelle». C’est là que DJ Voilà est né. Une espèce d’identité artistique qui me permet de faire la musique que je veux sans trop me soucier de l’étiquetter sous un certain genre. Le nom est un peu ironique après tout, puisque même si je suis parfois DJ dans des soirées en tant que DJ Voilà, la musique que je produis sous cet alias est assez «alternative» je crois.

Quelles sont vos influences musicales?

F : Je vais parler pour ma part. Je suis fasciné par la musique de synthèse. J’aime beaucoup les oeuvres de Bernard Parmegiani ainsi que les oeuvres de synthèse sonores de Pierre Schaeffer. Pour ce qui est des influences plus directes, les influences techno, pour en nommer quelques unes: je dirais Autechre, Aphex Twin, Pacou, Steve Bicknell, Robert Hood, Blawan et Lady Starlight.

S : À ce niveau, Félix et moi on se rejoint beaucoup je crois, même si on aime s’obstiner de temps en temps à propos de certains artistes!

Mais certainement, les compositeurs de l’avant-garde électroacoustique et les pionniers de la techno. J’ajouterais pour ma part, pour Musique Nouvelle spécifiquement, des artistes comme Second Woman, Objekt, et Lanark Artefax qui ont reçu beaucoup d’attention dans les dernières années. Des labels comme Chain Reaction et The Bunker New York. J’avoue que ma connaissance de la techno en général reste assez limitée. Je baigne dans la musique expérimentale la plupart du temps.

Côté production, quelles technologies utilisez vous pour produire vos sets (gear, workflow, etc)?

F: Depuis que nous avons pris cette direction, nous avons du même coup éliminé les ordinateurs de notre live set. Sans entrer dans les détails, je crois qu’on a senti le besoin de limiter notre rapport aux écrans dans notre création.

Pour l’instant j’utilise un drum machine et un synthétiseur modulaire que j’ai monté durant la dernière année.

S : De mon côté j’ai un bon sampler, des petits synthétiseurs «tabletop» comme il s’en fait beaucoup ces temps-ci, puis des pédales d’effets. Notre set up est super simple, et malgré tout on a de la difficulté à se limiter quand on joue et à ne pas trop en mettre!

En gros, notre démarche reste très improvisées. Nous n’avons aucune track d’enregistrée à ce jour, donc rien à reproduire en live. On sait à peu prêt comment notre set commence, puis on suit la «vibe».

Qu’est-ce que vous inspire dans la scène à Montréal? Où vous situez-vous dans celle-ci?

S : Il s’y passe tellement de choses intéressantes! De mon côté, c’est la scène expérimentale qui m’a toujours attirée le plus, et je suis heureux d’avoir pu y participer non seulement en tant qu’artiste, mais aussi en organisant des séries de concerts au Conservatoire, avec Acte et aujourd’hui avec un organisme qui s’appelle Codes d’accès.

En plus des soirées plus intimes avec des artistes locaux hyper talentueux, la scène plus «institutionnalisée» est aussi intéressante. On a MUTEK, Akousma, la SAT, le centre Phi, Eastern Bloc. Ça déborde un peu.

Et finalement j’ai beaucoup d’affection pour n10.as ! J’adore cette radio, c’est vraiment un espace rassembleur. Même chose avec La Rama. Meilleur disquaire en ville!

F : La communauté de musique électronique underground à Montréal est très inspirante et motivante. Les soirées à La Plante, la Sala Rossa et la Casa, en passant par les «afters» en retrait dans le carrefour Beaubien/Parc. Pour ma part je crois que j’ai abordé cette scène-là plus par le party que par la création. C’est plus récemment que j’ai eu l’envie d’en faire partie en tant qu’artiste.

Montréal est une ville culturellement riche dans laquelle la scène de musique électronique est omniprésente. Nous ne somme pas dans les livres d’histoire de la techno, la house, le jungle ou le drum’n’bass comme Berlin, Chicago, Detroit et Londre, mais il y a beaucoup d’artistes de musique électronique très talentueux à Montréal et qui s’exportent à travers le monde. La scène est tout simplement trop petite. Peut-être est-elle naissante? En tout cas c’est ce que j’espère!

Vous avez présenté ce projet à MUTEK AR et MUTEK MX, qu’est-ce que ces expériences vous ont appris? Comment avez vous trouvé les publics dans ces villes?

F : Premièrement le projet à été très différent à Mexico qu’à Buenos Aires comme décrit plus haut. Dans tous les cas ces expériences furent extrêmement motivantes. Je crois qu’elles nous ont permis de réaliser que cet univers nous est accessible et qu’on pourrait très bien se promener un peu avec ce projet. C’est d’ailleurs notre intention, mais nous prévoyons d’abord un release pour la fin de l’automne.

S : L’équipe de MUTEK est exceptionnelle et on les remercie de nous avoir fait confiance pour ces deux expériences. Le public de Mexico est incroyable! Je ne m’attendais pas à me retrouver devant 2000-3000 personnes pour notre premier show ! J’en garde un super souvenir. Même chose pour Buenos Aires, ou les gens étaient super accueillants.

Quelle est la relation entre l’esthétique sonore et visuelle dans Musique Nouvelle, sachant que Félix, tu as un parcours en tant qu’artiste visuel?

F : La manière que je vois ça c’est que Musique Nouvelle à beaucoup été associé à l’esthétique visuelle de mon projet Félix Félix Gourd Gourd. À ce niveau, nous sommes encore à la recherche de notre identité. Ce qui est certain c’est que pour l’instant nous délaissons l’aspect visuel pour pouvoir nous concentrer sur l’aspect sonore. Ça s’appelle quand même Musique Nouvelle! On aimerait livrer le meilleur de nous deux sur le plan musical et donc nous devons consacrer tout notre temps à la musique. Peut-être que nous reviendrons plus tard avec une proposition visuelle. Je fais de la mise en scène et scénographie pour d’autres musiciens (Milk & Bone, Cri, Yes Mccan), il se pourrait très bien que nous décidions d’emmener un aspect visuel scénique dans un future rapproché. Mais il faudra que ce soit quelque chose d’original, probablement plus près de l’éclairage que de la vidéo.

Y’a-t-il un context idéal pour ce projet, si oui quel est-il? (club, rave, musée, etc)

S : C’est encore un projet récent, mais rapidement Félix et moi nous sommes rendu comptes que ce serait destiné être joué fort devant un public nombreux. C’est, pour l’instant, une musique de rave! Mais on cherche à intégrer plus de subtilités là-dedans. À travers nos sessions au studio, on est aussi tombé sur des moments plus abstraits, minimals ou même ambiant. On pourrait donc s’adapter, éventuellement, à d’autre contextes.

F : Nous voyons Musique Nouvelle comme un projet versatile. Pour l’instant, le set que nous avons monté c’est pas mal—comme l’a qualifié Simon à Buenos Aires—de la «big room techno». Mais nous aimerions aussi faire des sets plus ambiant et d’autre plus expérimentaux. Bref, on veut explorer plusieurs avenues et faire le plus de musique possible!

Que planifiez vous pour l’évènement NVA du 19 octobre?

Technoooooo.

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