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Six Picks: Konrad Black & Natalia Escobar

Écrit par

Leticia Trandafir
novembre 21st, 2018

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En visite à Montréal l’été dernier, j’ai eu la chance de passer du temps avec deux expatriés de Berlin pour une entrevue Six choix. Konrad Black, un producteur canadien de musique électronique et de drum’n’bass qui s’est distingué dans la scène berlinoise de techno minimale moderne et Natalia Escobar, une artiste, productrice et DJ colombienne diplômée en Beaux-Arts du Central Saint Martins de Londres. Ils ont tous deux choisi trois albums de la collection NVA et nous ont fait part des nouveautés de leurs vies musicales.

Konrad Black: Comme producteur, mes œuvres les plus récentes sont les installations vidéo de l’artiste Jeremy Shaw — Quickeners (2014), Liminals (2017) et I Can See Forever (2018). Côté production musicale, design sonore et co-composition (avec Shaw sous le pseudo There In Spirit), nous avons sorti la musique de Liminals sur Vinyl Factory Records et nous projetons de bientôt faire la même chose pour chacune des trois installations. Liminals est présenté au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’en mars 2019 et les trois films, regroupés sous le titre Quantification Trilogy, ont été projetés à la Tate Modern et feront partie de la programmation du Festival de films de Vancouver et du Festival de films de New York.

En tant que Konrad Black, je me produirai au festival d’Halloween Cityfox de New York le 27 octobre, je ferai également quelques spectacles avec Poison Arrow et je commencerai ensuite une tournée sud-américaine en novembre. Et ne manquez pas la sortie prochaine d’une collaboration avec Deadbeat intitulée Arc Welders Guild.

Natalia Escobar: J’ai dévoilé cette année mon nouveau projet musical intitulé Poison Arrow. Ce projet traite de concepts centrés sur l’imagination sociale et le mysticisme de la musique colombienne carrillera. La carrillera est une musique folklorique de la région caféicole qui est devenue une catharsis pour les cœurs brisés, un répit de l’existence parfois violente qu’est la vie des agriculteurs. Poison Arrow offre une interprétation moderne de cet univers culturel unique avec des battements squelettiques lents et riches en basse jumelés à des chants provocants qui donnent vie à cette mythologie adoptée en canalisant sa théâtralité, sa passion et son humour noir. J’ai plusieurs choses de prévues pour Poison Arrow d’ici la fin de l’année.

Je travaille à la création d’une fragrance avec la parfumerie new-yorkaise Folie À Plusieurs. Ils produisent des œuvres olfactives conceptuelles en quantité limitée et ensemble nous composons une fragrance inspirée du vidéo pour ma chanson «Casa Show», le deuxième single de mon premier album EP If You Don’t Love Me (I’ll Cut Your Face), lancé en octobre dernier.

Je suis également très emballée par ma contribution à A Love I Can’t Explain, le nouvel album de dBridge sorti le 20 octobre. La chanson They Loved a d’abord vu le jour en tant que collaboration entre They Live et dBridge, qui m’a ensuite envoyé l’esquisse musicale pour que je compose des paroles et que j’enregistre des chants. J’ai également coréalisé un vidéoclip pour la chanson avec la photographe autrichienne Cornelia Thonhauser. La sortie de If You Don’t Love Me (I’ll Cut Your Face) Remixes est prévue pour le 28 novembre sur dubplate en édition limitée (seulement 50 copies!) avec des remixes de Heart Drive (dBridge et Kid Drama) et de Nathan Jonson.

Et pour finir, je pars en tournée avec le spectacle live de Poison Arrow! Je me produirai dans un certain nombre de villes, alors gardez l’œil ouvert pour les dates de tournée.

21st Century Aura — Something Started

Label: Beyond
Origin: UK
Released: 1993
Discogs

Natalia: Cet enregistrement a attiré mon attention parce qu’il avait une note d’accompagnement de The Mock Turtle’s Song (ou Homard Quadrille) de Lewis Carroll. Les autres pistes de la compilation ne me plaisent pas trop, mais je suis heureuse de l’avoir écouté en entier parce que j’ai pu trouver cette perle. J’adore l’introduction dramatique qui devient un groove down-tempo un peu louche. Ça m’a fait penser à Justify My Love de Madonna. Est-ce qu’on entend un échantillonnage de Funky Drummer?

Visit Venus — Planet of The Breaks (Omar Santana Edit)

Label: Yo Mama’s Recording
Origin: Germany
Released: 1999
Discogs

 

Natalia: La pochette de cet album n’est pas tout ce qu’il y a de plus joli; on dirait un homme bizarre qui peine à chier, mais ça m’a quand même poussé à regarder l’album. Du vocodeur panoramique + des tambours panoramiques + des breakbeats + de l’électro = TROP COOL!

Carl A. Finlow — Floating Point

Label: Device
Origin: UK
Released: 2002
Discogs

Natalia: J’aime beaucoup les productions de Carl Finlow, tout particulièrement celles réalisées sous ses pseudos Silicon Scally et Random Factor. J’adore la basse qui ressemble à The Hoover et les tons métalliques de cette piste.

InSync + IF — MASP

Label: Plink Plonk
Origin: UK
Released: 1997
Discogs

Konrad Black: Cette chanson et le label Plink Plonk en général me ramènent en 1998, à l’époque où je commençais à devenir désenchanté du drum’n’bass. J’étais dj de DnB et j’ai entendu de la techno minimale pour la première fois — surtout à cause d’amis, parce que ce n’était pas du tout populaire à Vancouver à l’époque. Perlon, Klang/Playhouse, Plink Plonk, Consumed de Plastikman et Rhythm & Sound avec Tikiman : tous ces albums et ces labels m’ont énormément influencé et sont la cause principale de mon passage du DnB à la techno minimale. Et le fait que le DnB avait cessé de faire des faces B et devenait de plus en plus rapide et agressif avec moins d’espaces et de nuances. Aujourd’hui, je me situe plutôt entre les deux, précisément là où j’ai toujours voulu exister. J’écoute beaucoup de trucs minimaux hybrides comme le nouvel album de dBridge et la baladodiffusion Future Beats de Doc Scott.

The Stranger — Etna

Label: Plink Plonk
Origin: UK
Released: 1993
Discogs

Konrad Black: Je me permets une double mention de Plink Plonk. L’album en entier est une production épique et c’est en grande partie grâce à certains éléments clés qui se répètent de diverses façons à travers l’album. Ça évoque un monde en soi et c’est quelque chose que j’adore. C’est une palette sonique pour laquelle on consacre du temps et de l’énergie, qu’on développe à partir de rien et qui est présentée dans un paysage qu’on consolide avec des thèmes communs et des sons distinctifs. Comme des petits univers.

John Tejada — Mental Jukebox

Label: Immigrant
Origin: UK
Released: 2001
Discogs

Konrad Black: Je suis un admirateur de John Tejada depuis que j’ai entendu son premier album sur Mosaic en 2000. C’est le titre de cet enregistrement qui a d’abord attiré mon attention. J’ai toujours été fasciné par la notion de juke-box mental. Mon juke-box a un vilain sens de l’humour; il adore me narguer quand les choses vont mal. La chanson la plus populaire de mon juke-box mental est certainement Just de Radiohead. Il adore paraphraser le couplet quand j’ai fait quelque chose d’idiot : « Tu te l’es fait toi-même/Et c’est ce qui fait le plus mal/Tu te l’es fait toi-même. » J’entends souvent cette chanson. Le Mental Jukebox de John Tejada n’est pas aussi drôle ou sinistre que le mien, mais c’est beaucoup plus sympa pour danser.

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