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Conversations avec nos relations: Lou Lou la Duchesse de Riere

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(Photo:Lou Lou la Duchesse de Riere)

Aani! Dolly Berlin ndizhinikaas

(Bonjour! Je mappelle Dolly Berlin)

Je suis une showgirl burlesque et productrice d’événements basée à Tkaronto (Toronto), mais en pause à cause de la pandémie. En tant que fière femme queer/Bi+ dorigine ojibwée, je suis très heureuse et honorée de collaborer avec Never Apart pour vous présenter cette chronique mettant en lumière quelques-unes des personnes autochtones bispirituelles et queer qui se distinguent dans le monde des arts.

Je ne fais pas de favoritisme, mais je n’avais vraiment pas envie d’attendre pour discuter avec une autre vedette du burlesque! Ce mois-ci, je discute avec Lou Lou la Duchesse de Riere, la showgirl afroautochtone décorée de Kahnawake et Montréal qui occupe son confinement en créant des perlages.

J’ai rencontré Lou Lou pour la première fois il y a plusieurs années au « plus grand bal masqué du monde », le Theatre Bizarre de Detroit. Lou Lou la femme est conviviale, drôle et authentique et c’est merveilleux de voir Lou Lou l’artiste accumuler un grand nombre de fans et remporter des prix au fil des ans.

Voir sa prestation en tête d’affiche sur la scène burlesque de la Toronto Pride en 2018 est un souvenir magnifique, mais quelque peu lointain, et je n’ai réalisé qu’au cours de cette conversation que la dernière fois que je l’ai vue en personne était plus tard en octobre de cette année-là, au cœur du carnaval effréné qu’est le Theatre Bizarre.

Depuis lors, elle a accompli des choses étonnantes, notamment en lançant Skywoman Creations, qui présente son perlage et ses prouesses de couture.

Bonjour Lou Lou! Parlez-nous un peu de vous!

Je m’appelle Lauren Ashley Jiles, alias Lou Lou la Duchesse de Riere. Je suis une danseuse burlesque et artiste perleuse du territoire Mohawk de Kahnawake, au Québec.

D’où vient votre nom de scène?

Lou Lou est un dérivé de mon prénom. Je plaisante toujours en disant que j’ai choisi mon nom de scène sous la contrainte. Je n’avais pas réfléchi à un nom de scène, mais j’avais un spectacle et les responsables me l’ont demandé peut-être cinq minutes avant mon entrée en scène, alors j’ai dit « Miss Lou Lou ». J’ai été Miss Lou Lou pendant environ 5 ans, puis Satan’s Angel m’a donné mon nom actuel. Satan’s Angel est une légende du burlesque que nous avons perdue il y a quelques années. Elle était incroyable, une véritable boule d’énergie. Je pense que tout le monde a une histoire amusante à son sujet.

Nous buvions du whisky et fumions une cigarette à l’extérieur d’une salle de spectacle. J’avais déjà suivi un cours avec elle plus tôt et elle m’a dit : « Je veux vraiment te complimenter, je pense que tu as beaucoup de talent, mais je veux te parler parce que ton nom de scène est merdique! Je lui ai répondu que c’était mon nom et que c’était ainsi que ma famille m’appelait, et elle a répondu : « Tout le monde s’en fout. Regarde, tu es française, donc ton nom devrait être la Comtesse ou la Duchesse. » Je lui ai dit que je suis Mohawk et j’ai commencé à lui donner une leçon d’histoire, mais elle a déclaré : « Tu viens du Canada, tout le monde va supposer que tu es française. Tourne-toi pour voir. » Alors j’ai fait un tour et elle a estimé : « Et bien, tes seins sont un peu petits, mais tu as vraiment un cul magnifique! »

(Nous rions. Cette histoire est du Satan tout craché.)

C’est un nom qui est long, qui ne loge sur aucune affiche et que tous.tes les présentateur(-trice)s détestent, mais j’adore cette histoire donc je ne le changerais jamais.

Malgré cette année éprouvante, vous semblez être restée très occupée et positive.

Au cours des derniers mois, j’ai vraiment dû me reprendre en main, comme tout le monde. J’ai un enfant en bas âge et je n’ai pas trop l’option de me laisser déprimer. Au début, cela m’a beaucoup rappelé la tempête de verglas des années 90. Au Québec, c’était catastrophique : la réserve dans laquelle j’ai grandi n’a pas eu d’électricité pendant plus d’un mois. J’y ai beaucoup pensé au début de la pandémie et j’ai pensé à ma mère qui s’occupait de nous, les enfants, sans électricité. Nous avions un poêle à bois dans la maison de mon grand-père, où nous, mes tantes, mes oncles et mes cousins étions rassemblés. Pour moi, c’était le meilleur moment de ma vie; nous jouions à des jeux, nous racontions des histoires, et je me sentais très liée à ma famille, protégée et en sécurité. J’ai un très beau souvenir de ma mère qui apportait de l’eau chaude et un balai dans la cour et nous fabriquait une patinoire. Il ne semblait jamais y avoir de problème. Je ne peux même pas imaginer comment je gèrerais une situation pareille… je perdais la tête! Pas de cellulaire! Pas d’Instagram ! Le fait que ma mère ait réussi à le faire avec deux bébés m’a aidé à me dire que je pouvais y arriver également. Les gens ont déjà vécu cela, c’est une question de perspective.

J’aimerais vraiment parler de votre perlage. Vous partagez vos projets personnels de perlage avec vos abonné.e.s en ligne depuis un certain temps, mais vous avez lancé Skywoman Creations en 2020. Est-ce que cela a toujours été le plan ou bien est-ce un projet né de la pandémie?

De la pandémie! J’adore coudre, mais le perlage a toujours été un défi parce que ça demande beaucoup de temps. Avant l’année dernière, j’étais en tournée presque une semaine sur deux et je vivais dans une valise. Quand je suis à la maison, je suis juste avec ma fille. Avoir tout ce temps pour « simplement être » était donc un peu déstabilisant pour moi. Je souffre un peu d’anxiété et au début, ça m’occupait les mains et me permettait de me concentrer sur quelque chose. Ça m’a aidé à passer le temps, mais quand j’ai commencé à faire des créations, je me suis sentie mal en sachant que je n’allais pas pouvoir tout porter. Je n’ai nulle part où aller! Mon mari m’a vraiment encouragée à les mettre en ligne pour les vendre. Je ne peux pas consacrer des journées entières à mon perlage parce que je fais l’école à la maison, mais j’essaie de faire une petite collection chaque mois et les pièces se vendent normalement en une heure. Je suis très reconnaissante. C’est très rafraîchissant parce que je fais du burlesque depuis si longtemps — et avant, c’était le théâtre musical — que je suis très à l’aise sur scène et nue devant les gens. Je n’ai pas beaucoup de trac avant de monter sur scène, mais en tant qu’artiste, il est parfois important d’avoir peur. Je sais que cela peut paraître étrange, mais au final la peur de partager quelque chose avec un nouveau public a été très enrichissante et je me sens très soutenue.

Quand avez-vous appris à perler et à coudre? 

Je couds depuis presque toujours. Je regardais mes tantes faire des robes, et j’ai toujours voulu coudre. Quand j’avais environ 5 ans, ma grand-mère m’a tendu une aiguille et du fil et m’a appris à faire des vêtements pour mes Barbies. Un peu plus vieille, j’ai voulu avoir une machine à mère, mais ma mère a estimé que j’étais trop prédisposée aux accidents. J’ai donc demandé à ma tante de me montrer comment me servir d’une machine en espérant pouvoir convaincre ma mère de m’en acheter une. Pendant deux ans, je n’ai rien pu coudre, mais j’ai épinglé et marqué tous les patrons de ma tante et cela m’a vraiment appris les mathématiques des patrons. Ma communauté a toujours été très douée pour le perlage. Les Iroquois ont un style spécifique, nous faisons du perlage surélevé. Dans notre système scolaire, nous avions des activités culturelles, nous faisions de la sculpture sur pierre à savon, du tressage de paniers et du perlage. Donc, j’en ai fait enfant, puis je n’y ai pas touché pendant des années jusqu’à ce que je commence à danser dans des pow-wows et à en refaire. 

Pensez-vous aux pièces à l’avance ou est-ce un peu plus naturel? Quel est votre processus? 

Normalement, je commence par étaler tous mes matériaux. J’aime tout ce qui est goth, mes goûts personnels relèvent de la mode alternative. La dernière collection que j’ai faite était inspirée de la Bauhaus, donc très noire avec des clous. J’aime nommer mes créations et chaque boucle d’oreille porte le nom d’une chanson new wave que j’aime. J’ai fait des trucs pour Halloween. 

(Les boucles d’oreilles qui ressemble aux bonbons candy corn font partie de mes préférés).

Ma prochaine collection se composera des pastels de printemps, comme une collection d’œufs de Pâques avec des violets et des verts somptueux. Je suis en train de faire une bande de chapeau qui mesure 27 pouces, la longueur d’une ceinture.

Chacune de mes confections est faite avec amour. Faire du perlage nourrit réellement une part de mon âme. Je suis souvent hyper créative et j’ai besoin d’accomplir ce qui me passe par la tête. Si je pouvais faire du perlage à plein temps, je ferais des boucles d’oreilles tous les jours. Je n’aime pas répéter beaucoup de choses, alors la façon dont je procède me plaît. Même en danse, j’ai toujours eu peur de la répétition. J’explore différents thèmes et styles de mouvements et ma façon de faire avec cette forme d’art est cohérente.

Je travaille avec quelques personnes assez religieusement. Jessica Herdandez, une autre femme de Kahnawake que je connais depuis toujours, possède une formidable boutique de perles et d’accessoires, Nicia’s Accessories. Et j’ai commencé à collaborer avec une autre personne racisée qui fabrique des cabochons peints à la main pour l’entreprise Pourfection. Chaque pièce est unique et certaines des plus belles pièces que j’ai confectionnées ont été réalisées avec ses cabochons.

Faites-vous également des commandes personnalisées?

Je reçois parfois des demandes personnalisées. Je travaille sur deux pièces sur mesure en ce moment, mais il arrive qu’il soit difficile de trouver des fournitures pour les boucles d’oreilles. Je n’achète des fournitures qu’auprès des Premières Nations ou des personnes racisées. Je travaille avec de petites quantités, donc en général je les mets en ligne et c’est premier arrivé, premier servi.  

Avez-vous des conseils à donner aux artistes perleur(-se)s qui n’en sont peut-être qu’à leurs débuts ?

Je me sens un peu comme un dinosaure en ce qui concerne la technologie, mais TikTok est une ressource formidable. Il existe beaucoup de tutoriels de perlage sur TikTok et de communautés virtuelles où vous pouvez créer avec d’autres personnes. La plupart des techniques que j’ai utilisées m’ont été enseignées par d’autres membres des Premières Nations, simplement en étant assise en cercle avec eux. Quand je dansais dans les pow-wows, nous fabriquions nos tenues assisses en cercle. C’est comme ça que j’ai appris à faire des mocassins. Les gens sont vraiment généreux avec leurs connaissances. Je fais partie d’un collectif d’artistes autochtones qui viennent de différentes disciplines de la danse et quelqu’un a dit quelque chose de très beau lors de notre dernière séance : « Assurez-vous que votre savoir ne meurt pas avec vous ». C’est tellement amusant de perler et également de le faire avec quelqu’un d’autre.

J’ai récemment vu une photo d’une collaboration pour un costume qui impliquait un très beau travail de perlage de votre part. Pouvez-vous nous dire à quoi servent ces pièces?

Oui, l’un des numéros que je fais est très axé sur la décolonisation de la sexualité autochtone. C’est un numéro de célébration empreint de lumière. Je voulais revamper le costume avec des éléments plus physiques de ma culture et de ma nation. Il y a beaucoup de violet dans le numéro parce que c’est la couleur du wampum et c’est aussi une couleur de deuil, donc c’est un signe de mort. Ce numéro porte sur le deuil, la renaissance et la croissance, c’est pourquoi le violet tient une place importante. J’ai perlé des appliques florales plus grandes et les ai envoyées à Christina Manuge, une costumière qui est la meilleure de notre secteur. Nous travaillons ensemble depuis de nombreuses années et c’est la collaboration la plus approfondie que nous ayons jamais eue. Elle a fixé les appliques à une cage corporelle qui se trouvera sous mon costume et d’autres éléments perlés seront ajoutés. Tous mes mondes se rejoignent lentement et ça me plaît!

J’adore voir de plus en plus d’artistes autochtones porter des perlages et des pièces inspirées de leur culture sur scène.

Je pense également que c’est très important. Ce sont des mondes à part, les pow-wows et la danse burlesque. Dans les pow-wows, mon esprit est si léger et je ressens beaucoup de fierté. Une partie de cette fierté vient du fait d’embellir son corps, de montrer sa fierté pour sa nation. Je me sens très sûre de moi quand je mets mes mocassins et mes jambières. Les préparatifs pour la danse sont longs, les tenues sont lourdes et on est en nage à la fin de la journée, mais c’est tellement gratifiant. C’est quelque chose qui me manquait peut-être dans le burlesque. Ça ressemble plutôt à « D’accord, vous avez 5 minutes pour monter sur la scène! ». *Lou Lou claque des doigts* Ce numéro va plus loin au niveau émotionnel pour moi et le fait d’avoir les costumes qui reflètent cela a été très important.

Pensez-vous que votre fille s’intéresse à la danse ?

Elle ne comprend pas tout à fait ce que je fais. Lors d’un de ses cours en ligne, elle a dit à son professeur : « Ma mère gagnait beaucoup d’argent pour danser sur scène, mais maintenant elle est tout le temps fatiguée ». Elle n’avait pas tort, mais ce n’en est pas moins incisif!

Elle adore danser, mais elle ne veut pas danser avec moi, elle veut que je m’assoie et que je regarde. J’ai hâte qu’elle puisse aller à un vrai cours de danse. Elle a un bel esprit artistique et aborde les choses avec douceur. Elle est créative, mais elle fera les choses à sa façon.

Parlons un peu de votre carrière avant le confinement. Vous avez été couronnée Reine du burlesque en 2018 au New Orleans Burlesque Festival, puis avez reçu le prix de la 2e finaliste et de la plus innovante au Burlesque Hall of Fame en 2019. Comment était cette expérience?

Dans notre secteur, le BHOF est comme les Jeux olympiques, alors monter sur cette scène est un honneur. Le numéro pour lequel j’ai été sélectionnée pour participer au BHOF est celui pour lequel j’ai remporté le titre de Reine du burlesque, un numéro d’araignée somptueux et gothique. C’était angoissant parce que le numéro original durait 11 minutes et qu’il fallait le condenser en 4 minutes. Je fais des lanières aériennes dans le spectacle, donc je me suis entraînée quatre fois par semaine pendant six mois de manière à pouvoir faire la section originale de deux minutes en 30 secondes. En gros, c’est le même numéro, mais en très rapide.

J’ai vraiment aimé que la « cour » de 2019 (qui comprend également la deuxième gagnante RedBone et la reine en titre Frankie Fictitious, toutes deux de San Francisco) soit composée uniquement de femmes de couleur ! Avez-vous eu le temps de parler avec elles ou était-ce un véritable tourbillon?

C’est toujours occupé, surtout cette année-là. Je n’y étais pas allée depuis l’année de mon début, alors que je commençais tout juste à participer à des concours (la catégorie « Meilleur début » est destinée aux artistes qui n’ont jamais participé au concours).

C’est assez drôle, nous avions toutes compétitionné ensemble à Viva Las Vegas en 2017 et, le mois après le BHOF, nous avions toutes été engagées pour faire un spectacle avec Adele Wolfe en Oklahoma. Elle nous avait choisies comme co-vedettes six mois auparavant!

Vous vous produisez depuis un certain temps et êtes très présente dans les concours depuis cinq ans. Qu’est-ce qui vous a incité à vous produire en compétition? 

Honnêtement, je pense qu’avoir un enfant m’a vraiment motivée. J’ai toujours été passionnée par les spectacles, mais le circuit des concours est très différent. Je n’étais pas nécessairement attirée par l’idée de gagner quoi que ce soit, mais j’y ai vu un outil de marketing. J’étais frustrée par ma scène locale. Aujourd’hui, Montréal est très diversifiée, mais à l’époque, j’étais frustrée par le manque de diversité et de possibilités. Je me sentais davantage reconnue en dehors de ma communauté, et je pense que cela a beaucoup à voir avec le racisme intériorisé au Québec, soit ne pas vouloir qu’une femme à la peau brune soit la vedette.

J’ai commencé à me produire cinq mois après la naissance de ma fille et j’ai fait mon premier concours cette année-là. Je me suis donné un laps de temps et j’ai décidé d’y aller à fond. Fini les prestations rien que pour la visibilité. Je me suis servie de cette incertitude pour me donner entièrement. J’ai rencontré des gens qui sont plus jeunes ou qui ont plus de temps ou de ressources économiques, mais je me suis dit que ce n’est pas parce que je ne crée pas un nouveau spectacle chaque mois que je ne fais pas du bon travail. J’essaie de faire en sorte que chaque pièce que je crée en vaille vraiment la peine en tant que concept distinct.

J’avais une motivation de fouteuse de merde derrière tout ça. Parce qu’il était difficile de réussir en tant que femme de couleur, comme c’est le cas dans de nombreuses industries basées sur la vanité, je me suis dit qu’il leur serait difficile de me dire non avec une couronne sur la tête et quand je leur donnerai mon tarif, ils me respecteront parce que j’ai les qualifications requises.

J’ai commencé le tissu aérien deux ans avant de faire le numéro de l’araignée en spectacle. J’ai un autre numéro où je fais du pole-dancing, ce qui exigeait moins d’entraînement parce que j’en avais déjà fait quand j’étais endettée.

(Je ricane.)

J’ai beaucoup de numéros qui ont d’autres composantes physiques et j’aime l’idée de travailler en collaboration avec d’autres danseur(-euse)s et d’autres disciplines. Pour l’un des numéros, j’ai rencontré un chorégraphe nommé Gerrard Rise. Il m’a appris à faire du tutting, des mouvements de main qui sont des histoires visuelles et qui me rappellent la danse traditionnelle chez les hommes. Trouver l’inspiration avec d’autres artistes a toujours fait partie de mon processus de création.

Vous avez donc été très occupée! Et vous n’avez pas fait un bref passage à Montréal l’été dernier pour donner des spectacles en direct?

Il y a eu quelques représentations en direct, mais je n’en ai pas fait partie. J’ai fait un spectacle en plein air dans un ciné-parc. Il a été produit par Foxy Lexxi, Robin Westhaver et Elle Diabloe. C’était vraiment sécuritaire et je me sentais vraiment bien en faisant cela. À part cela, j’ai fait beaucoup de choses chez moi.

Comment tout cela se passe?

Je ne me soucie pas trop de la façon dont on me perçoit, même si parfois je me pose des questions! Quand j’ai commencé à faire des spectacles en ligne, je recevais des commentaires comme « c’est vraiment drôle ». Je ne suis pas une humoriste, mais je ne me prends jamais trop au sérieux. Je projette une fausse image de glamour sur scène, mais je ne suis pas vraiment une personne glamour dans la vraie vie.

Pour l’un de mes premiers numéros à la maison, ma fille était chez son père, donc je n’avais que quelques heures pour filmer. Je vis dans un petit appartement avec un escalier; j’ai allumé quelques bougies et des lumières rouges et j’ai fait un strip-tease en montant l’escalier, en dansant sur ma table et en sautant dans mon évier pour me donner un bain à l’éponge. C’est tellement ridicule, mais c’est de l’art sans prétention. Ça a quelque chose de vraiment ironique, d’humiliant et de drôle. La question n’est pas la quantité de strass que vous portez ou votre coiffure, mais votre façon d’utiliser votre espace de manière créative. C’est un niveau de performance plus intime que ce à quoi nous sommes habitués : « Regardez-moi… nue… dans ma maison… en ligne. » On garde l’espoir, la joie et la flamme en vie, quoi?!

Une artiste torontoise, Miss Paige, qui a récemment déménagé à Montréal, m’a également contactée et m’a demandé si je voulais donner un atelier virtuel. Je donne trois cours d’une heure dans le cadre de son programme : musicalité, chorégraphie et concept. Je me sens éternellement jeune, mais nous sommes maintenant dans une nouvelle génération de burlesque qui est très éloignée de mes débuts. Je me rends compte que je fais partie, comme nous tous, des changements qui se sont produits. Il y a des gens à qui j’enseigne qui ont une vision complètement différente du burlesque. C’est fascinant de faire partie de quelque chose en constante évolution.

Quelle est la suite, pour vous?

Je compte finir cette bande de chapeau!

Enseigner et perler, et enseigner à ma fille. Et travailler avec mon collectif, ce qui a été un merveilleux répit. Mon corps a besoin de bouger. Lors de notre première rencontre, nous avons dansé pendant quatre heures. J’ai eu une réaction viscérale de larmes abondantes. J’avais l’impression de boire de l’eau pour la première fois en un an. Je ne pense pas voyager avant que ma communauté ne soit vaccinée, alors venez me voir dans l’espace virtuel!

Visionnez la version « éditée » du bain à l’éponge de Lou Lou dans le cadre du festival en ligne The Noire Pageant se déroulant le 12 et 13 mars sur thenoirehalloffame.com.

Lou Lou La Duchesse sur Instagram

Le travail de perlage de Lou Lou sur Instagram

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