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Mark Kenneth Woods – Fier De La Fierté

Écrit par

Michael Venus
juin 12th, 2020

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Auckland. Berlin. Calgary. Halifax. Hong Kong. Johannesburg. Manchester. Miami. New York. Palm Springs. Salt Lake City. San Francisco. Voici quelques-uns des environnements urbains mis en lumière par Mark Kenneth Woods dans PRIDE, sa série LGBTQ+ qui entame en juin sa deuxième saison à l’écran sur OutTV et en ligne sur OutTVGo.com dans le cadre de la saison virtuelle de la Fierté. Créée en collaboration avec le producteur et collaborateur de longue date Michael Yerxa, cette série globe-trotteuse entremêle des témoignages personnels contemporains et des faits historiques racontés par des pionniers, des historiens et des archivistes.

D’abord inspirée par le 50e anniversaire des émeutes de Stonewall, la série PRIDE suit Mark Kenneth Woods et son équipe alors que chacune de leurs rencontres révèlent des histoires uniques qui s’entremêlent à l’histoire complexe de chacun des lieux qu’ils parcourent. « Je crois que ce qui m’a vraiment inspiré dans la production de la première saison est l’idée qu’on puisse choisir n’importe quel endroit — à n’importe quel moment — et y révéler l’histoire d’une communauté queer », explique Mark. « On retrouvera évidemment de l’histoire queer à New York et à San Francisco au cours des cinquante dernières années, mais on peut également en retrouver en Chine ancienne, dans le Calgary précolonial ou dans l’Utah du XIXe siècle. Nous sommes fascinés par les faits historiques moins connus et nous approfondissons cette recherche dans la saison 2. Nous voulons donner une voix aux aspects moins connus de passé et du présent de notre communauté. Voilà comment on passe de Johannesburg à Halifax dans la même saison! »

L’année 2019 n’a pas seulement célébré le 50e anniversaire des émeutes de Stonewall, mais aussi celui de la décriminalisation (partielle) de l’homosexualité au Canada. Ces deux événements marquants ont fait réfléchir Mark et son équipe sur le fait que nous sommes peu nombreux à connaître notre passé collectif en tant que personnes queer. « On ne m’a certainement pas parlé des émeutes de Stonewall ou de Everett George Klippert à l’école et j’ai réalisé que les connaissances sommaires que je possède ne proviennent que de recherches autonomes ou de discussions avec des doyens de notre communauté, » raconte Mark. « Notre histoire collective a été largement ignorée, diabolisée, censurée ou complètement effacée. Elle n’est pas toujours simple à trouver, mais elle est partout. Et elle remonte à bien plus loin que cinquante ans! Je trouve qu’il y a tellement de force à savoir que nous, ou ceux que nous considérons comme les personnes queer d’aujourd’hui avons toujours existé. » Woods estime que c’est le moment idéal pour lancer une série historique qui célèbre pleinement les héros LGBTQ2+ du passé et relie ce passé aux problèmes actuels de nos communautés afin que nous puissions tous mieux nous comprendre la situation.

Depuis plus de vingt ans, Mark Woods a une illustre carrière devant la caméra comme interprète polyvalent, en écrivant et produisant des sketchs comiques avant de se consacrer aux documentaires et à la série PRIDE. C’est peut-être sa capacité à se glisser dans la peau d’une multitude de personnages qui lui a permis d’acquérir un tel naturel lorsqu’il rencontre et interviewe des personnes très différentes les unes des autres. « Est-ce qu’on peut vraiment qualifier vingt ans de rejet comme illustre ou les définir comme une carrière? », demande-t-il avec humour. « Mais sérieusement, j’ai généralement été ignoré par la télévision, le cinéma et les arts grand public, ce qui signifie que financer mes projets a toujours été difficile. Le fait demeure qu’opérer avec des budgets limités a fait que j’ai dû porter de nombreux chapeaux, et c’est une bénédiction pour une série comme PRIDE. Je peux prendre une caméra, sauter dans un avion, tourner, monter et réaliser un épisode entier en solo — ce qui est exactement ce qui s’est passé pour l’épisode qui se déroule à Hong Kong. Heureusement, je peux aussi souvent compter sur Michael Yerxa et quelques formidables membres d’équipe. Mais, avec ce projet, je me rends compte que les compétences que j’ai accumulées, celles qui me permettent de faire ce que je fais, proviennent de la lutte et du rejet. Je pense que cette expérience a nourri mon sens de l’empathie, ce qui est essentiel lorsque j’essaie d’entrer en contact avec les gens et de les interviewer pour l’émission. »

La géographie, les échéanciers, les coûts associés, etc. jouent un rôle dans le choix de Mark et de son équipe quant aux destinations, mais leur priorité est de trouver une histoire LGBTQ+ intéressante. « Je pense qu’il existe une idée fausse selon laquelle l’histoire LGBTQ+ est relativement nouvelle et n’existe qu’à New York ou San Francisco », dit Woods. « Elle est pratiquement omniprésente, alors nous voulons examiner cette histoire à l’échelle mondiale et à travers l’histoire. Nous aimons la trouver dans des endroits inattendus, alors on varie. Nous aimons bien mettre en vedette des villes qui accueillent des événements LGBTQ+ qui dérogent un peu à la structure traditionnelle de la Fierté, comme le Sparkle Weekend de Manchester, la plus grande célébration gratuite au monde des identités trans et non binaires. »

Mark et son équipe ne choisissent pas les villes en fonction de leurs contacts, bien qu’ils se soient fait de nombreux nouveaux amis en cours de route. « Nous avons tendance à faire des recherches sur des sujets historiques intéressants, à contacter des sujets possibles par courriel, réseaux sociaux, etc. pour mesurer leur intérêt de nombreux mois à l’avance et nous voyons ensuite où ça nous mène. Ça ne mène pas toujours à un épisode, mais nous avons une longue liste de destinations potentielles pour de nouvelles saisons. » Quelques-unes des choses les plus intéressantes que Mark a découvertes grâce à PRIDE sont que la première nuit des émeutes de Stonewall peut être attribuée à une lesbienne de couleur, qu’un roi d’Angleterre du Moyen-Âge avait plusieurs amants, que des mormons aimaient regarder une drag queen se produire en spectacle à la fin des années 1800, que le continent africain était particulièrement queer avant la colonisation européenne, et la liste se poursuit.

Bien que Mark soit indépendant par nature, et par nécessité, lorsqu’il s’agit de pouvoir partir à n’importe quel moment et d’être capable de s’attaquer seul à tous les aspects de la production, la majorité de son corpus a bénéficié de la présence de deux amis et collaborateurs très fidèles. La relation entre Mark et Michael Venus, directeur de Never Apart, remonte à l’époque où ils collaboraient en tant qu’acteurs et réalisateurs sur des courts métrages expérimentaux et des comédies, comme la première série de sketchs LGBTQ+ au monde (et, semblerait-il, la moins coûteuse) The House of Venus Show (2015-2019) et deux saisons de The Face of Furry Creek (2013-2014). Leur partenariat créatif a donné naissance à des documentaires divertissants et éducatifs qui mettent l’accent sur les histoires et les héros du passé, ainsi que sur les fascinants artistes queer contemporains et les personnes influentes d’aujourd’hui. Grâce à ses collaborations avec Michael Yerxa, un producteur et créateur à part entière, la série PRIDE est une merveilleuse extension de leur productivité constante et prolifique. En 2014, Michael Yerxa et Mark ont collaboré sur Take Up The Torch, un documentaire sur les personnes LGBTQ+ dans les sports canadiens pour la chaîne OUTtv. Ils ont également reçu plusieurs prix en 2016 pour leur documentaire Two Soft Things, Two Hard Things qui traite de la sexualité et la structure familiale des Inuits précoloniaux. Mark évoque son travail avec les deux Michaels : « Ils sont tellement différents l’un de l’autre, mais mon expérience de travail avec les deux est assez similaire. Ils ont des compétences très différentes des miennes; nous nous complétons très bien. Nous avons les mêmes passions, mais ils regarderont toujours les choses d’une manière différente ou avec un objectif différent du mien et le projet en est toujours amélioré. En plus du travail, je m’amuse vraiment avec chacun d’eux et je ris… beaucoup. »

Et ça se voit. Travailler en étroite collaboration avec une équipe régulière pendant des décennies a permis à Mark de s’épanouir en tant qu’interprète, producteur et documentariste, ce qui est inspirant pour le jeune public et les artistes queer émergents. « Je crois que le seul conseil que je puisse donner se rapporte à ce dont j’ai fait mention par rapport à mon propre parcours : vous subirez des échecs. Probablement un grand nombre d’échecs et ce n’est pas une mauvaise chose. On vous critiquera, on vous rejettera, vous vous rejetterez vous-même et vous aurez des regrets. Mais comme on dit, ce n’est pas de ses succès que l’on apprend. Il y a certainement beaucoup de vérité à cela. Ce n’est pas toujours simple, mais essayez d’envisager chaque étape comme une occasion de vous développer personnellement et votre pratique artistique. Et soyez persévérants! Lancez-vous à la poursuite de ce que vous voulez parce que personne ne vous le donnera. »

De sages paroles, après des années et des kilomètres parcourus à la poursuite de ses passions en connectant avec tant d’âmes humaines différentes. Ayant moi-même travaillé dans des documentaires pendant des années, il y a certainement de quoi être fier quand on partage le résultat final d’heures de recherche, d’interviews, de découverte de faits historiques et d’informations nouvelles avec des publics avides de ce genre de connaissances. Les aventures de Mark en tant que documentariste lui ont autant apporté que le fait de partager ce qu’il a appris avec le public. « Mon travail documentaire m’a emmené dans tellement d’endroits et j’aime vivre des histoires qui sont considérablement différentes des miennes », avoue Mark. « Les personnes que j’ai rencontrées m’ont toutes inspiré à être fier de notre histoire et à m’impliquer davantage dans l’avenir de notre communauté. Elles m’ont également encouragé à regarder au-delà de mes propres besoins et d’écouter davantage et j’espère que les spectateurs le ressentiront. La série consiste à trouver un sentiment de fierté, non pas dans un événement spécifique, mais dans les histoires collectives de lutte, de résilience et de joie de notre communauté. »

Pride – Saison 2
Les chaînes OUTvGo.com et OUTtv sur Amazon Prime et Apple TV: 1er juin (tous les épisodes)
OUTtv diffusion télévisée: Jeudi 4 juin à 20h, avec de nouveaux épisodes tous les jeudis à 20h ET/PT

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